L’essentiel
Le décret du 24 mai 2024 ouvre l’épilation laser et IPL aux infirmières, à visée non thérapeutique. Mais la formation n’est que la première case. L’Ordre national des infirmiers attend aussi une attestation transmise au conseil départemental, un contrat écrit, un consentement signé, des affichages, et il interdit plusieurs choses que beaucoup font sans le savoir.
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La question revient à chaque rendez-vous : « j’ai fait la formation, je peux y aller ? ». La réponse est non, pas encore. La formation conditionne le droit de pratiquer, elle ne suffit pas à rendre l’exercice conforme.
Ce qui suit est la liste de ce que l’Ordre national des infirmiers attend, dans sa position sur les actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique. Ce n’est pas notre lecture, ce sont ses termes.
Avant de démarrer
1. La formation, et sa preuve
L’attestation prévue par l’arrêté du 19 février 2025 doit être en cours de validité, affichée lisiblement sur le lieu d’exercice, et transmise au conseil départemental avant le début de l’activité. Les trois, pas une seule. L’échéance pour être en règle est le 1er septembre 2027.
2. Une assurance qui couvre vraiment cette activité
L’Ordre prévient qu’une assurance classique peut ne pas couvrir ce type d’activité, parce qu’elle n’est pas un soin. C’est le point le plus souvent découvert trop tard.
3. Un contrat écrit, soumis à votre conseil
Les articles R.4312-65 et R.4312-73 du code de la santé publique imposent un contrat écrit, communiqué au conseil départemental qui en contrôle la conformité déontologique.
Pendant l’exercice
- Une fiche d’information remise à la personne, en termes compréhensibles : publics exclus ou à conditions particulières, risques et contre-indications, votre attestation de formation, l’examen médical préalable des zones, le port obligatoire de la protection oculaire, et comment signaler un effet secondaire.
- Un double signé, conservé trois ans.
- Un affichage visible rappelant les risques sanitaires, les contre-indications, la recommandation de consultation médicale et la protection oculaire aux normes.
- La vérification de l’absence d’effet indésirable après chaque séance.
- Le signalement de tout incident grave sur le portail prévu à l’article D.1413-58 du code de la santé publique.
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Les trois interdits qui surprennent le plus
Le titre d’infirmière esthétique
Il est interdit, ainsi que celui d’infirmière lasériste, au titre des articles R.4312-56 et R.4312-69. S’en prévaloir constitue une faute déontologique. Les seules spécialités reconnues sont IADE, IBODE et IPDE. Le terme circule partout en ligne, il n’en reste pas moins proscrit pour se désigner.
La publicité et les offres commerciales
L’article R.4312-76 interdit d’exercer la profession comme un commerce. Sont visés nommément : les témoignages de patients, les photos avant et après, les réductions tarifaires, les jeux-concours, les offres groupées, les offres de lancement et les remises de parrainage. Le contenu pédagogique reste possible, à condition qu’il informe sans inciter à consommer.
Le partage de locaux avec une esthéticienne
C’est le point le moins connu et le plus structurant. L’Ordre considère que les infirmiers ne peuvent exercer dans des locaux partagés avec des esthéticiennes : les deux professions n’ont pas les mêmes obligations déontologiques, la proximité créerait une confusion pour les patients et donnerait au cabinet une apparence commerciale.
Si votre projet reposait sur une installation dans un institut, c’est la première chose à revoir, avant l’achat de l’appareil.
Est-ce vraiment fait pour vous ?
Vous cherchez un complément d’activité maîtrisé. Le cadre est exigeant mais lisible : une formation, des formalités, des affichages, et une pratique encadrée. Rien d’insurmontable quand c’est préparé dans l’ordre.
Vous comptiez sur la communication pour remplir l’agenda. Là, il faut revoir le modèle. Les leviers habituels de l’esthétique vous sont fermés, et c’est le bouche-à-oreille et votre patientèle existante qui travaillent.
Vous vouliez vous associer à un institut. Le partage de locaux est écarté par l’Ordre. Il faut un lieu distinct.
La position Olenza
Nous préférons une infirmière qui renonce après avoir compris le cadre à une infirmière qui s’équipe et découvre les contraintes ensuite. C’est pour cela que nous posons ces questions avant de parler d’appareil : le lieu, l’assurance, les formalités auprès du conseil départemental.
Notre rôle s’arrête où commence celui de votre conseil départemental. Nous ne donnons pas de conseil déontologique et nous ne nous substituons à aucune instance : sur votre situation, c’est à lui qu’il faut poser la question.
Olenza est un organisme de formation enregistré sous le numéro 75331873933. Cet enregistrement ne vaut pas agrément de l’État.
Questions fréquentes
Faut-il seulement la formation pour pratiquer l’épilation laser en tant qu’infirmière ?
Non. La formation prévue par l’arrêté du 19 février 2025 conditionne le droit de pratiquer, mais l’Ordre national des infirmiers attend aussi que l’attestation soit affichée sur le lieu d’exercice et transmise au conseil départemental avant le début de l’activité, qu’un contrat écrit lui soit communiqué, et que l’assurance couvre spécifiquement cette activité.
Puis-je me présenter comme infirmière esthétique ?
Non. Les titres d’infirmier esthétique et d’infirmier lasériste sont interdits au titre des articles R.4312-56 et R.4312-69 du code de la santé publique, et s’en prévaloir constitue une faute déontologique. Les seules spécialités reconnues sont IADE, IBODE et IPDE.
Puis-je installer mon activité dans un institut de beauté ?
L’Ordre considère que les infirmiers ne peuvent exercer dans des locaux partagés avec des esthéticiennes. Les deux professions n’ont pas les mêmes obligations déontologiques et la proximité créerait une confusion pour les patients. Un lieu distinct est donc nécessaire.
Ai-je le droit de communiquer sur cette activité ?
De manière très encadrée. L’article R.4312-76 interdit d’exercer la profession comme un commerce. Sont proscrits les témoignages de patients, les photos avant et après, les réductions, les jeux-concours, les offres groupées, les offres de lancement et les remises de parrainage. Un contenu pédagogique reste possible s’il informe sans inciter à consommer.
Quels documents dois-je remettre et conserver ?
Une fiche d’information remise à la personne en termes compréhensibles, couvrant les publics exclus, les risques et contre-indications, votre attestation de formation, l’examen médical préalable des zones, la protection oculaire obligatoire et les modalités de signalement d’un effet secondaire. Un double signé est conservé trois ans.
Que faire en cas d’incident ?
Tout incident grave survenu pendant ou après un acte doit être signalé sur le portail prévu à l’article D.1413-58 du code de la santé publique. L’absence d’effet indésirable se vérifie par ailleurs après chaque séance.
Quelle est la date limite pour être en règle ?
Le 1er septembre 2027, depuis l’arrêté du 11 août 2026 qui a repoussé l’échéance initialement fixée au 26 août 2026.
Vous préparez votre mise en conformité ?
Équipement conforme, formation, accompagnement réglementaire et SAV en France. On regarde votre situation ensemble, sans engagement.
Pour aller plus loin : ce que le terme infirmière esthétique recouvre vraiment, la formation obligatoire avant 2027, et la question de l’assurance.